Le destin tragique de la jeune athlète somalienne Samia Yusuf Omar

 

Sa silhouette gracile de sylphide avait illuminé le stade olympique de Pékin en 2008, incarnant magnifiquement l’universalisme sportif dans un 200m où l’essentiel était de participer, ce qu’elle fit de la plus belle manière qui soit, en transcendant sa dernière place sous l’ovation du public.

L’athlète Samia Yusuf Omar, du haut de ses 17 printemps, avait réussi à faire l’admiration de tous, et de porte-drapeau de son pays, la Somalie, elle s’était hissée au rang de porte-flambeau d’une nouvelle génération de jeunes femmes et sportives somaliennes. « C’était une expérience merveilleuse, j’ai porté le drapeau de mon pays, j’ai défilé avec les meilleurs athlètes du monde« , s’enthousiasmait alors la sprinteuse à son retour à Mogadiscio.

Mais le conte de fées olympique fut fugace pour la jeune fille prometteuse, et c’est loin des pistes d’athlétisme que son destin a pris un virage fatal en avril dernier, se brisant tragiquement sur le récif de la misère et de l’injustice humaines.

La jeune femme de 21 ans est morte à bord d’une « patera » (une barque pour émigrés clandestins), alors qu’elle tentait d’aller au bout de ses rêves : gagner l’Europe pour y trouver un entraîneur dans l’optique des JO de Londres. Partie de Lybie, Samia Yusuf Omar a disparu en mer, lors d’une traversée à hauts risques sur une embarcation de fortune, pleine de migrants comme elle, tous avides d’évasion au péril de leur vie.

Une étoile a cessé de resplendir au firmament de l’olympisme, mais dans le grand barnum des JO, où le sport virevolte dans le tourbillon médiatique, le drame de Samia Yusuf Omar a brillé par un silence assourdissant. Seul, Abdil Bile, champion du monde somalien du 1500 mètres en 1987, lui a rendu hommage dans l’atmosphère feutrée du comité olympique : « La jeune femme est morte, morte pour rejoindre l’Occident. C’était une athlète courageuse, une femme splendide« , a-t-il déclaré.

Pourtant, selon les valeurs cardinales insufflées et exaltées par le baron Pierre de Coubertin, quand une seule étoile du sport s’éteint, c’est tout le monde de l’olympisme qui est plongé dans le noir.

Vidéo de sa course à Pékin, passage à partir de 1’15

 

 

 

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